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vendredi 1 janvier 2016

Motivation, développement personnel et Arts Martiaux

La pratique des Arts Martiaux, à bien des égards, développe l'autonomie : autonomie physique (TAI), autonomie technique (GI), autonomie psychologique (SHIN)... et alors, comment cela fonctionne?
  • L’autonomie physique est assez naturelle : Les Arts Martiaux font travailler l’ensemble des aptitudes du corps et de manière progressive… Ainsi l’élève acquiert progressivement : force, endurance, souplesse, rapidité puis tonicité, adresse, puissance, équilibre, motricité et enfin agilité, coordination, désynchronisation, gainage et contrôle…
  • L’autonomie technique est également visible : plus l’élève progresse, plus il voit son répertoire technique s’enrichir, des mouvements ou enchaînements trop complexes au début seront progressivement maîtrisés ce qui ouvrira la porte à d’autres techniques encore plus complexes, ainsi l’autonomie technique du pratiquant augmente de manière progressive…
  • L’autonomie psychologique en revanche est rarement mise en avant et pourtant… et pourtant… il semble bien que les Arts Martiaux sont un outil et simultanément ont pour devoir de développer cette autonomie ! Mais au final de quoi parle-t-on ?
L’autonomie psychologique, c’est avoir les idées claires, être capable d’esprit critique, se faire sa propre opinion éclairée par des connaissances, des expériences et des échanges… mais c’est avant tout et surtout être le moteur de son propre développement : C'est-à-dire développer sa motivation !

D’abord la motivation c’est quoi ? Ensuite comment ça marche ? Et enfin comment la développer… Bref petit tour au pays de ceux qui ont la gnaque et du chemin pour les rejoindre… 


1 - D'abord un peu de théorie de la motivation...


Pas de théories pompeuses ici … [Pour les curieux ou les enseignants, on pourra s’orienter pour plus d’informations vers : "Psychologie du sport" (GOULD & WEINBERG) - Théorie des orientations motivationnelles (NICHOLLS, DWECK & VALERAND) - Théorie du sentiment de compétence (HARTER & NICHOLLS) - Théorie de l’expectation (ROTTER, BANDURA, DECCI &RYAN) - Théorie des buts (BURTON) - Théorie de l’attribution (WEINER)…] Mais pour mieux comprendre, il faut tout de même quelques éléments d’analyses… En essayant de rester accessible et claire !

La motivation, c’est quoi ? Motivation vient du matin « movere », qui signifie se déplacer… Votre motivation est bien ce qui vous fait bouger… Le moteur, l’intention qui vous fait bouger, agir, décider… Mais alors qu’est-ce qui vous fait venir dans votre club ? Quels sont les moteurs ? …

Parfois, ce que l’on vient chercher est un contexte adapté : Un lieu d’entrainement spécifique extérieur (parc, stade, forêt, montagne,…) ou intérieur (piscine, gymnase, DOJO, chez soi…), sur un terrain spécifique (tennis, basket,…), avec des obstacles (bancs, murets,…) ou des points d’appui (barres, arbres, poutres…) et du matériel (poids, haltères, machines, armes traditionnelles, BO, TONFA, boucliers de frappe, PAO, Sac de frappe, etc…) – Mais est-ce vraiment la raison ??? Surtout pour les Arts Martiaux : Le TATAMI n’est pas indispensable, une bonne partie du travail peut être travaillé seul sur un stade, dans un parc ou même chez soi…

Parfois, ce que l’on vient chercher c’est tout simplement des connaissances : des savoirs théoriques, des savoir-faire pratiques ! Elles sont portées par le professeur ou l’instructeur : connaissances théoriques (physiologie, anatomie, préparation physique,…), connaissances techniques (Votre programme de grades dans les arts martiaux, les gestes techniques de votre discipline…), connaissances pratiques (exercices, consignes de sécurité, montées en charge, rythmes de travail, variantes...). Là encore, est-ce réellement la raison principale ??? La majorité des disciplines sportives, et les Arts Martiaux ne font pas exception, ne nécessitent pas de connaissances très complexes au moins au début : on peut trouver sur YOUTUBE, EBAY, AMAZON, DAILYMOTION des dizaines de vidéo ou de documents d’initiation permettant de pratiquer les gestes de bases le plus souvent gratuitement ou pour des prix modiques…

S’entraîner en SOLO et à partir de rien est donc possible… Pourquoi alors payer, se forcer à se déplacer, venir à horaires fixés… ??? Les raisons sont multiples mais leur cause est, quand on y réfléchit bien, toujours la même…

  • Parce que dans un club, on n’est pas seul, il y a d'autres pratiquants, ça « entraîne », on se sent moins seul... en fait c'est un petit booster de motivation... parce que la motivation du pratiquant est trop faible au début... (et même plus tard)… vous voulez vous en convaincre, allez sur un stade seul pour vous entraîner à faire une séance de KATA par exemple ? Combien de temps vous tenez ? 20 min ? En tout cas, probablement pas 2h et pas régulièrement…
  • Parce que dans un club, il y a le professeur, le professeur est une source de connaissances : il prémâche le savoir, le rend accessible… puis il le répète, et le répète et le répète… parce que c'est plus facile que de lire soi-même, de le noter ou d’apprendre... Là encore, la motivation du pratiquant au début est trop faible... Trop de composante à gérer… Un peu comme aller à l’école, apprendre seul demande plus d’énergie… Réfléchissez bien au savoir du professeur, il arrive parfois surtout chez les avancés qu’ils vous donnent des éléments… que l’on ne trouve pas forcément mais au début, la majorité de son savoir est accessible sur Internet ou dans des livres… 
  • Parce que dans un club, le professeur est aussi parfois un coach, un animateur ou un entraîneur plus ou moins dynamique, plus ou moins tortionnaire, plus ou moins drôle, plus ou moins sympa… Bref : il stimule, il anime, il booste, il entraîne, il relance, il pousse, il tire... il motive! Au sens propre du terme : il « fait bouger », il crée le « mouvement » chez le pratiquant… In finé, il injecte de sa motivation parce que la motivation du pratiquant est trop faible au début… Alors, il y a quelqu’un qui vous botte les fesses ou vous encourage, parfois les 2… il vous tire quand vous peinez et vous pousse quand vous vous relâchez… Il augmente l’amplitude de votre motivation… 
En fait la première chose qui pousse les gens à s'inscrire dans un club, c'est d'abord le manque de motivation. Inutile de vous sentir coupable en tant que débutant, c'est normal. C’est un phénomène connu, c'est comme cela. Et puis, personne n’est totalement sorti de cela… on a toujours besoin d’un peu de motivation qui vient de l’extérieur…


2 – La motivation, comment ça marche ?

En fait pour faire simple, il y a 2 grandes catégories de MOTIVATIONS…

2.1 - Motivations extrinsèques

  • Une récompense ou une punition : L’argent, une médaille,… une ceinture (encore mieux, une ceinture noire !!!), la réussite d’une épreuve (le passage de grade…),… 
  • Le professeur : lui faire plaisir, lui plaire, lui donner l’impression que vous êtes un bon élève,… 
  • Les autres : les impressionner (au bureau, à la fac…), être comme eux (ce groupe d’anciens du club qui va en stage, rencontre des maîtres…), faire partie d’un groupe valorisant… (les sportifs… les pratiquants d’arts martiaux… les guerriers…)
  • Un(e) ami(e) avec qui on y va : se valoriser auprès de cet(te) ami(e) parce que cet(te) ami(e) compte pour vous… parce que vous voulez lui plaire, la séduire… 

Le problème des motivations extrinsèques est qu’elles ne dépendent pas de vous… De nombreux pratiquants s’arrêtent quand ils obtiennent la ceinture noire, quand les copains avec qui ils se sont inscrits s’arrêtent, quand le sport n’est plus à la mode, quand les collègues de bureau trouvent cela « has-been », quand la fille est partie, quand il fait froid et que les journées raccourcirent en hiver, quand on est un peu malade, pas totalement mais suffisamment pour se dire que faire plaisir au prof attendra la semaine prochaine…

2.2 - Motivations intrinsèques

  • Votre plaisir : quand on pratique, on peut aimer cela, aimer transpirer, aimer la pratique en elle-même, aimer le challenge, aimer le défi, aimer l’engagement, apprécier le jeu, aimer le dépassement de soi, augmenter ses performances, dépasser ses limites… 
  • Votre maîtrise : c’est une forme de plaisir, mais moins physique, plus intellectuel : vous apprenez, vous découvrez, vous explorez, vous essayez de nouvelles choses, vous maitrisez petit à petit votre discipline, vous faîtes des liens.
  • Vos sensations : c’est une forme d’accomplissement, il n’y a plus de performance à battre ou de savoir à maîtriser… il y a juste les sensations que vous ressentez… que vous prenez telles quelles, bonnes ou mauvaises, elles vous apportent simplement le plaisir de ressentir…

Le bon côté des motivations intrinsèques, c’est qu’il peut pleuvoir ou neiger, il peut y avoir 3 potes avec vous ou 25 ou personne… vous pouvez être avec ou sans matériel… votre motivation est intacte, elle est à la, sur vous… comme une partie de vous-même et elle a le bon goût de ne pas se faire la malle pour un oui ou pour un non… c’est ce genre de motivation que l’on cherche à développer…

Et puis dans tout cela, il y a un concept important, c’est celui de l’auto-détermination… C'est-à-dire de la motivation-que-c’est-vous-qui-dites-quand-ça-démarre-et-quand-ça-s’arrête… mais le truc, c’est que pour dire quand ça démarre, il faut justement de la motivation… Ah bon, mais ce n’est pas le truc qui était censé déterminer le reste justement ? Ça se mord la queue votre truc ? Pour avoir de la motivation, il faut être motivé à s’auto-motiver ? Mais si on n’est pas motivé, c’est KOI-DONK-KE-KOMAN-KON-FE ?


3 - Mécanique d’intériorisation de la motivation

En réalité, les motivations ne sont que rarement tout extrinsèque ou intrinsèque. Il existe une échelle quasiment continue de motivation...

  • Parce que faire du sport est un passe-temps social tout à fait valorisant… et puis quand il fait beau, quand l’été approche… c’est mieux que de rester chez soi… Parce que la société pousse à faire du sport ! A grand renfort de « mangi-bougisme », on vous le dit à longueur de temps… c’est une injonction ! 
C’est ce que l’on appelle la motivation par régulation externe… Ce terme barbare signifie qu’on se motive par des critères extérieurs (récompenses, risques de punitions, conformisme social, etc…)
  • Mais finalement, le sport, c’est vraiment bon à la santé… l’été approche vraiment, et puis la société elle a raison… alors vous vous dites, « il faut que j’y aille… »…
C’est ce que l’on appelle la motivation par régulation introjectée… Ce terme barbare signifie qu’on se motive par des critères extérieurs toujours les mêmes, mais vous les avez intériorisés et petit à petit la motivation de l’extérieur devient un peu la vôtre…
  • Et puis un club, c’est une image : un club d’Arts Martiaux véhicule des valeurs : d’ailleurs, c’est bien connu, les pratiquants d’arts martiaux sont « zen », les pratiquants d’Arts Martiaux ont « du contrôle », les pratiquants d’Arts Martiaux sont « combatifs » mais « pas agressifs »… d’ailleurs les pratiquants d’Arts Martiaux sont aussi « beaux », « forts », « intelligents » et « drôles »… Et tout cela, ça vaut le coup d’y aller…
C’est ce que l’on appelle la motivation par régulation identifiée… Ce terme barbare signifie qu’on se motive par identification à d’autres personnes… On cherche des modèles, on veut obtenir certains éléments concrets de la vie d’autrui : le calme de M. Truc, la force de M. Tartempion, la zenitude de Mme Machin, …. Finalement ce n’est pas l’activité qui vous intéresse mais ce qu’elle représente chez autrui et donc quelque part chez vous…
  • Et puis à un moment donné vous commencez à ressentir une forme de fierté à ce que vous réalisez… les entraînements sont durs et vous avez une forme de satisfaction à accomplir, quelque chose de difficile, c’est le goût de l’effort. Vous regardez de moins en moins les caractéristiques des Arts Martiaux que vous convoitez mais de plus en plus les marches que vous gravissez !
C’est ce que l’on appelle la motivation par stimulation… Ce terme barbare signifie que vous ressentez une motivation intrinsèque, la plus basique qui soit, mais elle est là, elle est sur vous… Cela ne vient pas de l’extérieur mais bien de vous, vous aurez beau regarder les autres, vous ne ressentirez pas ce moteur autrement qu’en vous dépassant vous.
  • Petit à petit viennent s’ajouter les plaisirs d’apprendre, de découvrir de nouvelles choses, d’explorer de nouveaux gestes, d’acquérir une nouvelle diversité technique et plus que les nouveautés c’est le processus qui permet de les acquérir qui vous motive.
C’est ce que l’on appelle la motivation par acquisition de connaissance… Ce terme barbare signifie que c’est le processus cognitif (le fait d’utiliser son intellect) qui vous procure la motivation. Plus la discipline est vaste et plus le terrain de jeux est grand, mais plus votre motivation devient grande et plus il est facile d’élargir le champ de votre discipline… Si vous vous intéressez aux Arts Martiaux, vous vous intéressez aux coups de pieds et donc aux technique de jambes et donc aux développements de la puissance des jambes, et donc à la préparation physique et donc à la plyométrie et donc aux Kettlebells ou à la Battle rope… Si vous vous intéressez aux Arts Martiaux, vous vous intéressez au combat, et donc à la psychologie du combat et donc à la notion d’affrontement et donc aux racines de la violence et donc à la psychologie et aux sciences sociales…Si vous vous intéressez aux Arts Martiaux, vous vous intéressez à la tradition de vos Arts Martiaux, à leur histoire, et donc à l’histoire de leur pays et donc à l’interaction de ce pays avec d’autres pays au pourquoi des guerres et donc des Arts Martiaux…
  • Enfin, vous pouvez venir vous entraîner juste parce que vous le ressentez comme agréable… En réalité, c’est même ce qui va vous poussez à y aller… parce que vous le ressentez de l’intérieur comme quelque chose de bon et positif. Il n’y a plus d’intellectualisation ou de pensée consciente. 
C’est ce que l’on appelle la motivation par sentiment d’accomplissement. C’est une motivation qui fait totalement partie de vous, elle n’est pas consciente et vous n’avez pas besoin d’y penser. Elle va vous pousser à vous entraîner parce que c’est devenu aussi évident que de respirer. Vous ne vous motivez pas à respirer ?
Les 3 derniers types de motivations sont vraiment importants parce qu’ils ne dépendent pas de l’extérieur mais de vous. C’est ce que l’on essaie de développer parce que c’est durable, que ça ne coûte rien et que finalement, c’est bon pour vous ! Bien sûr il y a l’entrainement, le professeur, le contexte et les autres, les amis, la famille, les collègues, etc… Mais in finé, il n’y a que vous. Alors bien sur tous ces types de motivations, c’est compliqué, mais je n’aurai pas passé du temps à l’expliquer si cela n’avait pas une importance cruciale pour vous : Plus vous êtes conscient de tout cela, et plus vous avez la possibilité de développer votre motivation. Cela ne veut pas dire qu’il faut y aller à marche forcée… D’ailleurs, cela ne fonctionnerait pas mais en fonction de votre ressenti, si vous en êtes conscient, vous pouvez améliorer vos motivations intrinsèques au lieu de solliciter vos motivations extrinsèques.


3 – Développer sa motivation…


Finalement, il y a peu de choses à faire pour développer sa motivation mais il faut le faire avec régularité et rigueur.

  • Pour centrer le travail sur la stimulation : Les échecs et les ratés ne sont que très rarement le fruit du hasard. Autrement dit : 
    • arrêter d’attribuer vos échecs et vos ratés à la malchance, le hasard, un mauvais concours de circonstances,… 
    • arrêter également d’attribuer vos échecs à des causes extérieures : aux autres, au climat, au virus de la grippe, à votre travail, à vos amis, à vos ennemis, à votre famille, à un empêchement qui vous retient les jours d’entraînements, etc… 
    • se mettre au boulot et attribuer les causes des échecs à un manque de travail mais aussi la cause des succès à du bon boulot ! Du coup, la solution est simple : plus de travail entraîne plus de résultats et c’est gratifiant : vous vous rappelez la motivation par stimulation ? On est dedans !!!
  • Pour toutes ces causes :
    • Si vraiment c’est le cas, vous n’avez aucune emprise dessus (que ce soit le hasard ou l’extérieur), autant arrêter de se concentrer dessus…
    • Ensuite, parce que vous verrez qu’à se persuader que les choses viennent de l’extérieur, on arrive à se construire des situations impossibles ou insurmontables… (L’exemple parfait étant la phrase : J’ai fait tout ce qu’il faut et pourtant cela ne marche pas… On part du début comme « conclusion » et on en déduit que les résultats sont impossibles… Alors qu’il faut prendre le problème, dans l’autre sens… Bon, cela ne fonctionne pas, qu’est-ce que je peux faire de différent pour améliorer les choses)
    • Enfin, les seuls vrais résultats sont ceux qui dépendent de vos efforts et de vos compétences à vous.
  • Du coup, il vous faut vous évaluer par rapport à vous-même et pour se faire, il vous faut une stratégie de fixation de buts ! Pour se fixer des objectifs INTELLIGENTS (donc issus d’une stratégie), il faut les fixer selon 2 axes : 
    • Se fixer des objectifs EVALUABLES, c’est-à-dire dont on peut évaluer la réussite. Aussi, il faut donc qu’ils soient :
      • écrits (pour pouvoir se rappeler de ce que l’on s’était dit)
      • précis (ne fixer pas des objectifs trop généraux dont on ne peut dire que difficilement si ils sont atteints ou pas)
      • mesurables (c’est-à-dire où vous pouvez facilement mesurer votre réussite ou pas)
    • Se fixer des objectifs REALISTES, c’est-à-dire que vous pouvez atteindre. Aussi, il faut donc qu’ils soient :
      • personnels (qui dépendent que de vous)
      • difficiles (si il n’y a pas d’enjeu, pas de progression)
      • réalistes (inutile d’avoir les yeux plus gros que le ventre)
      • à court terme et à long terme (des jalons sont importants pour ne pas se démotiver, justement)
    • Se fixer un PLAN D’ACTION ou d’étudier les moyens pour y parvenir.

Si vous avez un problème de régularité par exemple, inutile de décréter du jour au lendemain « je ne serais plus jamais absent », c’est le meilleur moyen, lors de votre prochaine absence de vous démotiver et de vous dire que vous ne valez rien… Non, analysez vos absences, vous êtes absent entre 1 et 2 fois par mois. Fixer donc comme objectif d’être absent coute que coute, 1 et 1 seule fois par mois pendant 1 an… Vous verrez que c’est nettement plus accessible mais aussi difficile, déjà. Alors à la fin de l’année, vous pouvez analyser votre objectif, si il a été atteint, fixez en 1 autre plus ambitieux : 1 absence par trimestre seulement. Si il n’a pas été atteint, analysez les causes de l’échec, etc. Oubliez les malchances, concours de circonstances, trucs exceptionnels…


Si votre condition physique générale laisse à désirer… inutile de vous lancer dans un plan d’entrainement global à raison de 5 séances par semaine de 1h30 chacune quand vous ne faites que 1 fois par semaine du sport au club. Non, choisissez ce qui vous fait le plus défaut, par exemple le cardio et dites-vous, je vais courir 2 fois 30 min par semaine, pendant 2 mois… et je regarde ce qui se passe… Est-ce que vous y arrivez ? OK… alors analysons à nouveau, est ce que le cardio s’est amélioré ? OUI, alors je continue ? OUI, 3 fois 45 min, OK, analyse à nouveau… Nouvelle amélioration. On passe au bras, 5 pompes tous les matins, et j’en ajoute 1 chaque semaine… etc.
Progressivité – Objectifs détaillés et précis – Planification – Lucidité et autocritique sont les 4 outils à mettre le plus souvent possible en action pour développer son autodétermination et sa motivation intérieure.


4 – Motivations et Arts martiaux

Et dans les Arts martiaux ? Les Arts Martiaux ont une vieille pédagogie héritée d’un enseignement mixé entre compagnonnage (la relation maître-élève) et militaire (clan de Samurai…) – Les Arts Martiaux mettent-il en œuvre ces éléments ?

4.1 – Système des ceintures : une pédagogie par objectif

Que ce soit le système des ceintures / grades (SHIKEN) directement issus des arts militaires ou que ce soit l’ancien système des MOKUROKU (certificats de compétences), il est clair que les objectifs sont précis et détaillés. Chaque diplôme ne relevant que d’une unité ciblée. La progressivité des ceintures par exemple permet de mesurer sa progression dans le cheminement. Difficile (mais pas impossible) à faire si on devait rester ceinture blanche pendant 5 ou 6 ans… parfois plus…. avant la ceinture noire. Savoir où on en est, ce qu’il faut apprendre, ce qu’il faut travailler, se situer, dépasser ses points de blocages, renforcer ses points faibles. Bien sûr, ce système n’est pas parfait car il n’est pas « sur mesure », mais il permet de donner une grille de repères si l’élève l’utilise comme un outil de progression

4.2 – Méthode d’enseignement

En fait, dans les Arts Martiaux, la pédagogie change à mesure que l’on évolue dans la progression… tout simplement parce que cette pédagogie s’adapte à l’élève et son niveau de développement personnel (dont la capacité d’auto-motivation est un élément)… On n’enseigne pas de la même manière à quelqu’un qui sait parfaitement où il est et où il va, qui connait ses forces et ses faiblesses et qui sait se juger sans indulgence ni complaisance, sans fausse modestie et sans excuse et quelqu’un qui vient en toute bonne foi s’en remettre à un professeur avec le sentiment sincère de faire son maximum !







C’est ce que les anciens appelaient « SHU HA RI ».
  • Le premier stade SHU : imiter (et fermer sa mouille)… Bouger comme le prof, imiter, c’est lui apporter la plus grande part de l’énergie et il n’y a qu’à se mettre derrière… le temps que la discipline vous pénètre et qu’elle commence à vous intéresser pour ce qu’elle est vraiment et pas pour ce que vous croyez y trouver « apriori » : de la zenitude, des capacités de combat comme dans les films, des techniques de self défense pour casser la tête du type qui vous a regardé de travers, de la santé parce que dans les Arts Martiaux on fait attention, c’est même le médecin qui le dit… Du coup cet enseignement est un enseignement de groupe, car le professeur et vous n’avez pas encore accès à votre motivation profonde, pour l’instant vous êtes un individu qui s’ignore en grande partie, vous venez cherchez une idée préconçue de quelque chose que finalement vous ne connaissez pas encore et vous êtes surtout un « monsieur-tout-le-monde »… C’est normal, et il faut bien commencer par quelque chose.
  • Puis vos motivations vont s’éclaircir, vos compétences aussi, vous allez surtout avoir alors besoin d’outils, de spécialisation, de personnalisation de votre progression. C’est le stade HA : cheminer avec... le prof vous donne les outils, les méthodes pour vous réaliser, mais vous êtes aux commandes (plus ou moins, en fonction de votre avancée dans le stade et de votre capacité à vous déterminer…) – L’enseignement est plus personnalisé, plus individuel, car il faut vous apporter les outils qui concernent votre problématique et non celle du voisin.
  • Enfin, le stade RI (cheminer seul), vous êtes souvent devenu vous-même le professeur… mais pour continuer d’apprendre et de progresser, il faut bien échanger, discuter… souvent vous avez des tuteurs, des « maîtres » de recherche, et parfois, plus personne, vous discutez avec d’autres… … La discipline vous a pénétré mais vous avez aussi pénétré la discipline… elle fait partie de vous… vous trouvez dans les Arts Martiaux ce que vous y cherchez : de la sérénité, des capacités de combat mieux que dans les films, une attitude permettant de ne jamais avoir besoin de self-défense, de la santé. 






Notez que cette approche n’est pas réservée aux Arts Martiaux. Dans le domaine du savoir, tout le monde peut profiter de la fac’ dans des amphis de 400 personnes, mais en travaux dirigés, on est plus que des groupes de 25 tout cela pour finir à 2 ou 3 suivis par un maitre de recherche (tiens, on dit « maître » aussi !!)

Pour finir...

Bon, un blog, c’est d’abord des articles courts… là on est plutôt format article de magazines sur 2 doubles pages… On va arrêter là parce qu’on pourrait écrire des livres entiers (en fait, ça a déjà était fait)… Alors on va faire simple… Comme dernier conseil : Allez-y ! Foncez ! Essayez ! Lancez-vous ! Et si un truc vous échappe… Et bien demandez, on essayera de faire un article de plus.


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