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dimanche 4 octobre 2015

Petit tour au pays des projections... (Acte 1 : Généralités & projections de hanche)

Une projection est un acte d’une motricité extrêmement complexe. Elle fait appel en général à l’ensemble du corps, nécessite une pleine maîtrise des 2 moteurs que sont les ceintures scapulaires et iliaques et la plupart des projections requiert une coordination des 4 membres sur des actes moteurs très souvent différents en direction, en puissance et en nature : Par ailleurs le dosage des mouvements est complexe : les mains peuvent saisir fermement, s’enrouler, empalmer, brosser, contrôler, les jambes peuvent servir d’appui, de piston, de barrage, de faux… La nature des mouvements et leur combinatoire est infinie. Ainsi se rappeler que les projections sont avant tout des OYO GI NAGE WAZA : des projections libres qui combinent souvent selon la nécessité de l’instant, selon les capacités de TORI, selon le gabarit et la morphologie d’UKE et selon l’objectif recherché des mouvements élémentaires nombreux. Pour autant, nul ne peut apprendre en même temps 300 projections (car on en dénombre au minimum 300…) il faut bien les classifier… …afin d’aborder leur étude avec un minimum de méthode ! Aujourd'hui, on commence avec les projections de hanche... 

1 - Généralités...


1.1 - De quoi parle-t-on?...


Une projection est, si l'on peut dire, un processus par lequel un combattant en amène un autre au sol... PRO-JETE par terre... En sens, on peut considérer qu'un coup de poing qui fait tomber l'adversaire est une projection...  un placage au sol est une projection (ou les 2 protagonistes finisses au sol)... un fauchage est une projection... une clef porté debout mais qui amène l'adversaire au sol, par la douleur est une projection... Difficile donc d'exclure ou d'inclure certains mouvements... 

1.2 - Un cadre d'étude


La complexité d’un mouvement de projection fait qu’il n’est pas simple d’avoir une « bonne classification »… tout au plus une classification acceptable en fonction de l’orientation de l’enseignement et de l’objectif pédagogique poursuivi : on peut classer les projections : 
  • En fonction du point d’appui de la projection (dos, hanche, épaule…) ,
  • En fonction de la chute d’UKE (latérale, ventrale, dorsale, verticale), 
  • En fonction de la nature du mouvement (clef, sacrifice, charge, saisie, tirade, poussée, frappe…),
  • En fonction de la situation relative de TORI et UKE (dos à dos, de dos, face à face, latérale, latérale arrière)
  • En fonction du déséquilibre d’UKE (latéral, latéral arrière, arrière, frontal…) 
  • En fonction de la position des mains ou des pieds de TORI par rapport à UKE… 
  • ...

1.3 - Les 3 phases d'une projection


Ceci étant chaque projection peut aussi être approché selon 3 axes, 3 temps : 
  • Le TSUKURI : le placement relatif de TORI (celui qui projette) et d'UKE (celui qui est projeté)
  • Le KUZUSHI : le déséquilibre d'UKE.
  • Le KAKE : le temps fort de la projection se matérialisant par la chute dUKE. 
En fonction de la nature des projections, ces temps peuvent se succéder, parfois être confondus... En JUDO par exemple, le TSUKURI est très souvent AVANT le KUZUSHI (il faut bien attraper UKE) ou simultané... mais en KARATE, le KUZUSHI peut précéder le TSUKURI... Il s'agit là d'un modèle qui oblige surtout à se demander : 
  • Où dois je me trouver pour réaliser la projection que j'ai choisi! TSUKURI
  • Comment je dois placer UKE pour le faire tomber (déséquilibre) et comment l'y amener (pousser, tirer, frapper, enrouler, etc...) KUZUSHI
  • D'ou vient la force du mouvement que je vais générer. KAKE
On voit tout de suite que ces temps, ces phases... sont très liées à la notion de MAAI (la distance) et donc la notion de DEAI (le timing)... Ainsi certaines projections en GO NO SEN ne sont pas faisables en SEN NO SEN en JUDO mais le deviennent en KARATE... ceci étant cela dort de notre étude. Sans doute un article future.

1.4 - Quelques classifications


On va donc volontairement limiter notre étude à un certain cadre, même si nous verrons que nous tutoierons parfois les limites de ce cadre... Nous allons considérer qu'une projection est un acte moteur se portant sur un adversaire pour lequel on a assuré un contact... On peut donc recenser quelques grandes catégories :
  • Les projections de bras (TE NAGE WAZA)
    • Les projections de hanches (KOSHI NAGE)
    • Les projections d'épaules (KATA NAGE)
    • Les projections de corps (TAI NAGE)
  • Les projections de jambes (ASHI NAGE WAZA)
    • Les balayages (BARAI WAZA)
    • Les fauchages(GARI WAZA)
    • Les crochetages (GAKE WAZA)
    • Les blocages (SASAE WAZA) 
    • Les ramassements (TE ASHI GARI)
    • Les coups fauchants (UCHI ASHI WAZA)
  • Les projections par sacrifice (SUTEMI NAGE WAZA)
  • Les projections par clefs articulaires (KANSETSU NAGE WAZA)
  • Les projections par frappes (ATEMI NAGE WAZA)
  • Les projections par déplacements (TAISABAKI NAGE WAZA)
C'est la classification proposée par Maître RENAULT, elle est avant tout orientée « combat », elle vise à décortiquer les projections dans leur processus de déroulement dans un combat avec les phases d’approches et ipso facto, le franchissement de distances spécifiques MAAI à partir desquelles tels ou tels types de projections deviennent possibles… Il s’agit donc avant tout d’une classification orientée vers l’apprentissage du combat. Cet angle d’attaque présuppose donc une bonne maîtrise de toutes les projections de base afin de pouvoir au sein du combat opérer les différentes adaptations requises par la nécessité de l’instant.

Citons pour mémoire... 
  • La classification de Maître KAWAISHI est avant tout pédagogique : elle vise à identifier et cibler un principe clef d’une grande catégorie de projections… … en les simplifiant ou en isolant le principe ce qui permet de l’aborder sous toute ses facettes (techniques de hanche, techniques de bras, techniques sacrifice, techniques d’épaules, techniques de jambes)
  • La classification du KODOKAN vise l’apprentissage progressif immédiatement utilisable en compétition à tous les niveaux de pratique permettant ainsi l’ensemble des exercices et piliers d’enseignements souhaités par G. KANO notamment par rapport à la pédagogie chez les enfants. 

Très bonnes classifications également mais tournées vers le JUDO sportif, par conséquent, inadaptée à notre pratique, car elles limitent les projections utilisables à celles autorisées en JUDO sportif (de plus en plus restrictif)... 


2 - Les Projections de HANCHE

Ceux sont les plus faciles d'approche et c'est un excellent moyen de commencer l'étude des projections. En effet, les gamins dans les cours de récré retrouvent naturellement cette projection lorsqu'ils s'empoignent par les vêtements et tentent de se faire tomber! 

En fait, il existe une forme de base : O GOSHI / TSURI GOSHI, toutes les autres sont des HENKA WAZA (des variantes) qui finalement ne valent que par la position relative des mains ou des pieds de TORI par rapport à UKE et éventuellement des aides que vont pouvoir procurer un blocage ou fauchage de la main ou d’une des jambes pour venir compléter le mouvement d’origine, mais on est presque déjà là dans les OYO GI NAGE WAZA…

  • Le TSUKURI : il faut être très proche d'UKE, en général collé à UKE, votre dos contre son torse, UKE et TORI regarde dans la même direction, UKE se trouve dans le dos de TORI. Le plus souvent, il s'agit d'avoir empoigner UKE et d'avoir rapidement pivoter sur soi-même.
  • Le KUZUSHI : il faut qu'UKE soit en déséquilibre avant, pencher... En général, UKE s'est penché en avant et à ce moment là que TORI a pivoté sur lui même en tirant UKE à lui... Parfois, on a poussé UKE en arrière qui a résiste en lançant par un coup de reins son poids en avant, il se jette donc lui même en déséquilibre avant. 
  • Le KAKE : c'est pour cela que les projections de hanche sont assez simple... le KUZUSHI est pratiquement toujours le même, le TSUKURI aussi, seul le KAKE diffère... La projection de hanche à 3 moteurs qui peuvent être utilisées isolément ou simultanément.
    • Le piston des jambes (pour lancer, soulever UKE) 
    • La tractions de bras (pour soulever et/ou faire pivoter UKE)
    • La rotation des hanches (pour faire pivoter UKE)

Pour l'ensemble des projections de hanche, il faut donc s'interroger sur les moteurs à utiliser et ils dépendent essentiellement de la position des pieds! UKE passe plus ou moins par dessus les hanches, plus ou moins autour des hanches. 
  • Plus TORI fait passer UKE autour, et plus il doit avoir un appui large pour éviter de tomber avec UKE.... ce qui impose de sortir l'une des 2 jambes à l’extérieur des appuis d'UKE...
  • Plus TORI a les pieds serrés, plus on va utiliser la force des bras et des jambes pour propulser UKE et le faire passer par dessus... 
  • Plus TORI manque de puissance dans les bras et plus il devra en plus utiliser une jambe comme balancier... Ces projections sont alors délicates car TORI se retrouve à devoir gérer son poids et celui d'UKE sur une seule jambe. 

Le tableau ci dessous s'entend pour des projections à droite. 
Maintenant, il n'y a plus qu'à essayer... 










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