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mardi 2 juin 2015

Flemmingite ou blessure... Difficile de savoir?

Je ne compte même plus le nombre de SMS, mails ou messages vocaux qui en substance disent « je suis malade, je ne peux pas venir ce soir » ou « je me suis retourné un doigt hier, je ne viendrai pas »… etc…

En réalité, n’est-ce pas plutôt un moyen détourné d’avoir la flemme mais en prime avec le confort douillet et non culpabilisant de l’excuse médicale… Bien pratique ? Pas forcément le cas pour tout le monde ? Je ne sais pas à vous de voir… Mais la suite de cet article pourrait franchement vous aider à y voir plus clair…



1 - Un constat : La flemme déguisée par « alibi médical » est monnaie courante !!!


1.1  La flemmingite médicale est partout! Chez tout le monde, même chez les meilleurs !!!


Dans les forces spéciales (GIGN, GIPN,…) les concours d’entrées sont difficiles, les abandons nombreux… et même les recalés ont un mental à faire pâlir tous les pratiquants d’un DOJO : leur mental est en acier mais pour rentrer, il leur faut un mental en acier trempé… Ils ne leur manquent pas grand-chose… Et pourtant même chez ces athlètes au caractère bien trempé, ces recalés du 9/10, eh bien on observe que souvent les gars cherchent à obtenir un abandon pour « blessure »… sauf que, sauf que le médecin autorise souvent la poursuite des épreuves… Parce que c’est humain, mais c’est plus simple et plus facile de se dire « je suis blessé, je ne peux pas continuer » que « c’est trop dur pour moi, on m’en demande trop, j’abandonne »…

1.2 – Et chez vous ? 


Au bureau ou à l’école, c’est un peu le même topo, vous pouvez dire « je suis malade à votre patron, je ne viens pas », mais si vous revenez sans certificat médical, vous risquez d’avoir soit des soucis, ou de ne pas toucher vos indemnités de sécurité sociale… peut-être même les 2. Alors vous allez chez le médecin, et il vous signe un arrêt… ou alors vous vous regardez le nombril en vous grattant la tête et vous vous dites intérieurement que peut-être vous n’êtes pas vraiment malade, et que vous allez peut-être passer pour une pomme devant le médecin et au final vous enfilez votre blouson et vous allez bosser en soupirant. Au final, il s’agissait d’un petit coup de fatigue que votre cerveau a amplifié et a converti en maladie pour vous offrir un alibi médical, mais comme il y a ce médecin qui doit objectivement reconnaître votre maladie…Eh bien, ça vous force un peu à vous regarder en face. SI il n’y avait pas eu le médecin, vous auriez pu vous classez comme « officiellement malade »… 

1.3 – Alors pourquoi au DOJO, ça se passe comme cela… ?


Le DOJO devrait être le dernier endroit où ça se passe comme cela. Les Art Martiaux sont une voie de développement personnel, on essaie d’y être un soi-même meilleur à chaque fois, de donner le maximum de soi-même… Sauf que peu de pratiquants vont au DOJO avec cet état d’esprit… en réalité pour beaucoup, le DOJO, ce sont « les restes » : après la journée de boulot, après les transports, après la fatigue, après… et du coup, balayé le temple du développement personnel, refoulées les bonnes résolutions pour donner le maximum et se « transformer »… on vient se détendre, faire un peu de gym… Il est loin le concept d’école de la vie, les règles du Bushido, le mental du guerrier… 


2 – Pour un cours d’arts martiaux, je suis « blessé », le certificat médical est obligatoire ? 


Oui et non ! Pourquoi ? Pour éviter le syndrome qu’on a vu au-dessus… Si vous n’êtes pas absolument certain d’être honnête avec vous-même et compétent à identifier votre blessure ou douleur… vous devriez aller voir un médecin.

2.1 – La visite chez le médecin comme miroir de son honnêteté...

Disons que vous avez en réalité moyennement (pour ne pas dire pas du tout) la capacité à distinguer : 
  • Une douleur/blessure réellement invalidante et nécessitant un arrêt. 
  • Une douleur/blessure permettant de continuer de travailler mais qui suscite en vous une flemme mêlée à un sentiment de justesse quant au fait que là quand même on a vraiment mal et que bon, on peut rester à la maison.
D’ailleurs êtes-vous médecin ? 
  • Vous savez vraiment si c’est un arrêt qu’il vous faut ou au contraire de continuer les efforts mais légèrement et d’ailleurs un arrêt combien de temps ? 1 séance, 2 séances ? 
  • Combien de temps la blessure va mettre à se résorber ? 
  • Vous faites ça au doigt mouillé ? Comment ça se passe ? Si j’ai mal et j’ai la flemme, alors la blessure doit être sérieuse, donc je ne viens pas… Si par contre, j’ai vraiment envie de venir, alors la blessure est anodine, je viens quand même ? 
  • Comment ça fonctionne, sur quels critères vous déclarez vous inapte ? Pas évident ? Par ailleurs, certaines blessures dont la douleur s’estompe nécessite en fait un repos plus long, d’autres au contraire nécessite de continuer l’entrainement pour accélérer la récupération…
Alors votre objectif, est-ce la récupération la plus rapide ou bien est-ce de vous trouvez une « bonne » raison de sécher l’entrainement ? Allez chez le médecin est une manière simple de s'assurer que on ne biaise pas son jugement (ni dans un sens, ni dans l'autre d'ailleurs...)

2.2 – Un peu de sérieux !!!

si vous tenez à votre corps, et que vous êtes blessé alors vous devriez réellement consulter pour qu’on vous dise quoi faire, peut-être des examens complémentaires… peut-être qu’un arrêt sérieux et plus long pour qu’un tendon se repose « vraiment » évitera de re-blesser 3 fois de suite la même articulation. A moins que… à moins que cette blessure ne soit qu’un alibi à un manque de motivation ou d’envie… dans ce cas, ne faites pas passer pour « blessure » (qui est la 14ème raison à votre absence) le fait qu’en réalité vous n’êtes pas motivé, que vous avez la flemme… avouez-le vous, puis avouez-le à votre professeur et arrêtez de vous plaindre ensuite quand les entraînements ou les programmes sont trop difficiles et que vous ne vous sentez pas prêt pour votre ceinture.


3 – Honnêteté et lucidité implacable !!


3.1 – Distinguer une blessure d’une flemmingite.


En fait, force est de constater qu’en fait ces 2 types de douleurs ou de blessures se distinguent très bien quand : 
  • on est honnête envers soi-même (ceci évite de confondre l’ordre des raisons qui vous pousse à ne pas venir : fatigue, maladie, match de la ligue 1, flemme, journée de boulot pas top…)
  • on a des connaissances médicales approfondies sur l’appareil locomoteur (d’où le fait qu’un médecin, un kiné, un ostéo, … pourra vous dire de manière un peu plus objective si l’effort est à proscrire, à adapter ou à continuer tel quel.
Je dois dire que les élèves « honnêtes envers eux-mêmes » sont rares et souvent chez les ceintures noires ou foncées, un lien entre les 2 ? Je ne sais pas, peut être !! Beaucoup d’élèves jurent être motivés mais il faut distinguer "envie de bien faire" et motivation"... la différence entre les 2 est singulière ! 
  • Un élève qui a envie de bien faire : il se dit qu'il a mal et qu'il va se préserver et il rentre chez lui. Il est donc très prompt à trancher en faveur de l’absence d’entrainement.
  • Un élève qui est motivé, il se dit qu'il a mal, il vient malgré tout ou alors il a un doute, il va chez le médecin en lui demandant "chef, chef, je peux y aller, hein, hein... je peux y aller", « je ne sais pas, votre genou a l’air quand même un peu enflé »… « non c’est rien, ça fait mal, mais ça ne me gêne pas »… « OK alors feu vert mais pas trop de flexion des genoux »… « merci chef ! »
Je caricature, mais duquel êtes-vous le plus proche ???


3.2 – Lucidité implacable


Les élèves qui sont « blessés »… selon leur propre constat/analyse médicale, sont souvent les mêmes… ils n’ont a priori pas plus de connaissances médicales que les autres (en fait, c’est même l’inverse…), il y a 2 explications possibles : 
  • Soit ils sont très fragiles et manifestement trop pour les arts martiaux : dans ce cas, il faut impérativement et à chaque fois qu’ils aillent chez le médecin. Ce dernier pourra alors construire un diagnostic sérieux : Un médecin du sport est idéal. Peut-être vous interdira-t-il la pratique (mieux vaut ça que des ennuis sérieux)…C’est peu probable, les arts martiaux bien pratiqués sont accessibles à tout le monde et très peu traumatogènes. Mais il risque surtout de suspendre votre pratique, de pratiquer des examens complémentaires et de vous donner des conseils, des éléments à adapter ou de vous encourager à trouver un art martial plus en adéquation avec votre morphologie et vos problèmes… En tout cas, sur le long terme, vous y gagnerez !
  • Soit ils feraient mieux de dire en se regardant dans une glace : « J'ai la flemme, je ne vais pas m’entraîner... » et dans ce cas, il faut arrêter de se voiler la face… c’est insultant pour le professeur qui lui se rend bien compte de cela (ne le prenez pas pour un idiot, il a été comme vous et il a aussi vu un certain nombre de simulateurs…), vous vous ridiculisez à chaque fois. Vous perdez votre temps sur le tapis… Motivez-vous VRAIMENT ou arrêtez les arts martiaux, mais arrêtez de vous parer des plumes du paon : Je pratique les arts martiaux, je suis super motivé-à-bloc mais en fait je suis souvent absent parce que j’ai des problèmes de chevilles… 

3.3 – Un autre excès 


La prudence m’impose de parler d’un autre excès : mais il est beaucoup plus rare… (Et ne croyez pas être dans ce cas là… si c’était le cas, le professeur vous alerterait avant et vous enverrait chez le médecin lui-même en vous interdisant l’accès au tapis)… Parfois les élèves n’écoutent pas leur corps (95% s’écoutent beaucoup trop…), ils sont blessés ou se blessent régulièrement et viennent quand même s’entraîner. Pour le mental, c’est sûrement bon, mais pour le corps, non ! Il faut préserver son intégrité physique. C’est pourquoi parfois, un élève qui ne s’écoute pas assez sera envoyé chez le médecin par le professeur, par prudence, par prévention, pour en savoir plus… Cela peut s’avérer inutile mais cela peut aussi permettre de continuer la pratique plus longtemps et plus sainement…


Pour conclure

  • Soit vous avez la capacité à jauger réellement et objectivement votre état de santé… en général cela se traduit par une régularité au top et une capacité à toujours trouver le moyen de s’entraîner en adaptant les séances, même blessé, même fatigué, même malade… Si vous pensez être comme cela, venez voir le prof, il vous le confirmera…
  • Soit vous n’avez pas la capacité à jauger votre état médical : dans ce cas, allez voir les pros, mitraillez-les de questions… et petit à petit vous aurez la capacité à mieux vous évaluez (et si vous avez un doute, toujours allez voir le professionnel) et puis au moins pas de malhonnête possible, même inconscience.
  • Soit vous vous cherchez de fausses excuses : non seulement vous êtes ridicule, mais vous perdez votre temps, cela bloque votre progression. Assumez-vous, assumez les vraies raisons de vos absences puis prenez une décision : prenez-vous en main et au boulot ou arrêtez de perdre votre temps une fois par semaine pardon une fois par mois, car vous étiez malade puis blessé les 2 séances d’avant…

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