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lundi 2 juin 2014

Arts Martiaux? Sport, compétition ou philosophie de vie ??? ... 3 modes de pratiques différents?


A la faveur de quelques échanges avec élèves, amis et quelques idées reçues sur les arts martiaux entendues par ci et par là... Il parait important de préciser quelques différences fondamentales entre diverses formes de pratique... Aucune pratique n'est meilleure que l'autre... Ce qu'il faut regarder, c'est l'adéquation entre le mode de pratique et les attendus du pratiquant...


Mais pour commencer 3 petites vidéos!!!

Une jeune sportive :

Un grand champion : 

Un Maître accompli : 

Quelle vidéo est la plus impressionnante? Quel KATA est le plus "beau" ? Les arts martiaux sont d'abord un art et la beauté est toujours dans l’œil de celui qui regarde... 

1 - Qu'est ce qu'on entend par "Sport", "Compétition", "Philosophie de vie"?


Le "Sport"... De l’anglais sport tiré de l’ancien français "desport" « divertissement / amusement »... Il s'agit donc de bien de pratiquer de manière ludique. Les arts martiaux pratiqués de la sorte apportent donc l'aération mentale et psychologique d'une activité du loisir combiné au plaisir naturel d'utiliser le corps dont la nature nous a doté... ...corps qui par ailleurs est de plus en plus sous-utilisé dans nos sociétés qui sollicitent de plus en plus les capacités intellectuelles, sociales, psychiques, artistiques et démobilisent d'autant les capacités physiques. 

La "Compétition"... est d'abord un "tri". Le terme compétition désigne en général la rivalité entre des personnes, des organismes ou des organisations pour une ressource (espace, nourriture, richesse, pouvoir...), la compétition sportive se traduit par des épreuves ou succession d'épreuves qui permettent d'établir une hiérarchie sur des critères bien spécifiés.

La "Philosophie de vie"... est d'abord une aventure qui se vie à titre personnel et de manière unique et différentié. Chacun trouvera dans sa pratique, sa philosophie de vie en accord avec les dimensions qu'il souhaite exprimer dans son développement personnel. C'est aussi une pratique qui doit avec le temps se traduire de plus en plus en dehors de la pratique, au quotidien dans la vie de tous les jours.

2 - Les "Arts Martiaux" comme "Sport"


  • Dans la pratique sportive, on a souvent tendance à l'oublier, la progression ne fait absolument pas partie des objectifs... l'objectif étant clair dès le départ : se divertir, s'amuser. En ce sens, les arts martiaux peuvent paraître un peu hermétique à une "vraie pratique sportive de détente"... Les arts martiaux ne sont pas ludiques... d'ailleurs quelqu'un qui voudrait pratiquer "pour se divertir" ne cherchant donc pas la progression se verrait probablement incapable de "passer ces ceintures" et devrait donc subir une pression sociale importante... (et bien réelle si on en croit le nombre d'abandon suite à l'échec d'un passage de grade!). 
  • Les arts martiaux ne font pas parties des activités physiques les plus ludiques pour autant, la composante "affrontements", "jeux de main"... peut apporter une dimension divertissante. Neuro-biologiquement autant que socialement parlant, cette composante touchera plus facilement les garçons - même si la tendance actuelle du Girl Power pousse les petites filles à devenir des guerrières (même si cela ne leur plait pas) -  Dans ce cas, les arts martiaux s'apparentent à d'autres "sports de combat" tel la boxe, la lutte, les joutes, les jeux du cirque, les peintures rupestres préhistoriques - l'homme s'est toujours "diverti" d'affrontement rituel, de "combat pour s'amuser"
  • Une dimension sous-estimée est l'inversion de concept qui peut se produire à propos de la progression. Les arts martiaux étant par essence une méthode de développement personnel, ils sont entièrement construits dans cet objectif... Au final, un individu venu pour se divertir 'en combattant" peut découvrir "divertissant" le fait de "progresser"... Au même titre qu'un enfant peut trouver "amusant" l'école (pour autre chose que la récré) et qu'un aventurier se divertie des découvertes qu'il fait... la dimension "découverte" de ses propres facultés à mesure que l'on avance dans la pratique peut devenir tout simplement amusant, divertissant... Au final les arts martiaux ne sont plus divertissant "parce que combattre est un jeu", mais parce que "découvrir est un jeu"...
Bon, on peut maintenant parler des bénéfices d'une pratique sportive des arts martiaux : 
  • Comme toute pratique sportive, elle est bénéfique à la santé... Nous ne reviendrons pas dans le détail sur les bénéfices largement démontrés tant sur le plan médical que psychologique de la pratique sportive
  • Spécifiquement, les arts martiaux sont "non-traumatogènes", (ce qui signifie que pratiqués correctement, ils ne sont pas sources de pathologies), ce qui n'est pas le cas de tous les sports... 
  • Spécifiquement, les arts martiaux font également parties des disciplines parmi les plus complètes : sportivement, on y travaille les capacités cardio-vasculaires, l'ensemble des grands groupes musculaires, la souplesse, la force, la puissance, la vitesse, mais aussi l'adresse, la précision, l'équilibre et la coordination... la motricité complexe et fine y sont sollicités, la spatialisation du corps également, la gestion de l'autre tout autant.
  • Les arts martiaux sont souvent issus d'un pays étranger (en France, on ne pratique qu’extrêmement rarement les arts martiaux "français", peut être objet d'un futur article...), ce qui permet au passage de découvrir (encore un coté ludique) la culture et/ou l'histoire du pays d'origine au travers de son histoire guerrière et/ou militaire (cette dimension peut largement évoluer d'un club à l'autre...) 
Les avantages, les voici et pour les inconvénients : Il n'y en a pas... Il n'y a aucun inconvénient à pratiquer le arts martiaux dans une approche sportive... Il n'apporte rien de mauvais et apporte déja des points positifs... j'ajoute que tout autre sport est dans le même cas (tant que leur pratique se fait dans le respect du corps...).

3 - Les "Arts Martiaux" en compétition


  • Dans une démarche de compétition, la progression fait partie des objectifs : pas de victoire sans progression. En ce sens, les arts martiaux sont un terreau relativement favorable à la progression... Si certains sports ont une technicité un peu hermétique, requiert des compétences ou des connaissances spécifiques, des lieux d’entraînements adaptés... les arts martiaux sont construits pour faire progresser, preuve en est : les passages de grade, ceintures, tests, etc... La progression y est préparée, lisible, partagée, communiquée...
  • La compétition requiert un cadre particulier : en ce sens elle pousse à une certaine forme de spécialisation... Tant sur plan physique que technique. En ce qui concerne les arts martiaux, ce que l'on voit en compétition répond à des règlements précis qui favorisent certaines techniques, interdisent d'autres... Le choix par exemple de "Round" va favoriser les gabarits lourds au détriment des gabarits plus légers... ce qui impose des catégories de "poids"... ce qui là encore va élaguer certaines techniques qui s'utilisent favorablement sur certains gabarits plutôt que d’autres...La compétition est un spectacle sportif... en ce sens, elle doit se parer des vertus du sport : les techniques dangereuses n'y ont pas leur place afin d'éviter les accidents. 
  • La compétition apporte son lot de motivations extrinsèques (reconnaissance, médailles, prix, satisfaction de l’ego, titres, voyages, vie de champion ...)

La pratique compétitive apporte bien sur des avantages :
  • Elle permet un développement important surtout des aptitudes physiques. Les charges d’entraînements sont souvent très importantes, mais au bout du compte, le résultat est là! Souvent la répétition forcenée de certain gestes permet d'acquérir mémoire musculaire, fluidité, automatisme
  • Elle développe la combativité : apprendre à canaliser son agressivité au profit d'un objectif positif. Les parcours de compétiteur sont difficiles, il y a des moments de doute, de colère, d'échec beaucoup plus fréquemment que dans une pratique de loisir... Si le sportif est accompagné dans ce challenge, il va petit à petit développer une gestion de ses émotions de plus en plus fine, une connaissance de lui même de plus en plus abouti. 
  • La compétition (et plus le niveau est élevé, plus c'est vrai) requiert une certaine forme de sacrifice... Le chemin est un sacerdoce. Comme toute pratique monomaniaque, elle permet souvent de toucher du doigt plus rapidement des concepts, des vérités, de comprendre des principes de vie... ... qui pourront se transposer plus tard dans la vie de tous les jours!
  • Bon gré, malgré, (et on pourrait en discuter longtemps), la vie propose bien des situations de "compétitions", certaines méthodes éducatives tendent à bannir cela pour protéger les enfants... pour autant, cela ne change pas la vie de tous le jours : entretien de recrutement, promotions dans l'entreprise, situation de conflit... et la compétition peut être un moyen de s'y préparer dans un cadre choisi, mesuré.

Cependant la pratique compétitive à quelques inconvénients : 
  • Déja si le sport est presque toujours synonyme de "santé", la pratique compétitive et a fortiori à haut niveau est souvent associé à "blessures", "usure prématurée" des muscles, des tendons, des cartilages... fragilité des os... Dans les arts martiaux : le KARATE de haut niveau conduit souvent à la coxarthrose de la hanche, le JUDO JUJITSU a des hernies discales au niveau lombaires, sans compter les fractures qui peuvent parfois se remettre difficilement. Il est essentiel pour un sportif voulant s'engager dans la voie de la compétition de pratiquer "en respectant son corps"... relire à ce propos l'article suivant.
  • Plus spécifiquement, les arts martiaux sont un art, une forme de pratique qui permet de se développer, de développer sa propre pratique : la compétition atrophie singulièrement les possibilités techniques : le KARATE de compétition interdit par exemple pratiquement toutes les techniques mains ouvertes, les saisies, les projections... Le JUDO sportif interdit la plupart des anciennes projections, imposent la mise sur le dos, là où le combat réel imposerait une mise sur le ventre, etc... Les clubs orientés compétitions ont souvent une approche peu culturel, et encore moins historique.... Si le compétiteur ne s'arrête pas à ce qu'on lui propose, cela peut limiter la casse... mais si il ne le fait pas, alors, il aura juste pratiquer un sport de combat comme les autres, amputant ainsi les arts martiaux de leur spécifié qui les différencient du sport. 

  • Là aussi de manière très spécifique le sport de compétition est victoire / comparaison / défaite... Si je gagne alors quelqu'un d'autre perd autrement dit : ce que j'acquiers en compétition, c'est toujours au détriment d'autrui. Cela rentre frontalement en conflit avec l'un des principes fondateurs des arts martiaux : JITA YUWA KYOEI (entente harmonieuse et prospérité mutuelle pour soi et les autres). 
Ainsi la pratique de compétition peut avoir des bénéfices a bien des égards pour autant que cette pratique soit bien encadrée, respectueuse du corps et qu'elle ne soit pas exclusive. Même si à haut niveau, l'exigence de la pratique peut prendre l'ascendant sur le reste, il faut malgré tout garder au moins en tache de fond les notions de "pratique de long terme", "développement personnel" qui peuvent vite être obérées par "les objectifs court terme" de médailles, titres, etc...



4 - Les "Arts Martiaux" comme philosophie de vie...


Rares sont les disciplines sportives où l'ont peut pratiquer 15, 20, 30 ans en progressant. Prenez conscience que peu de personnes pratiquent et progressent en basket, tennis, natation, etc... 20 ans de cours dans une discipline reste une durée exceptionnelle... La majorité des disciplines sportives s'attache au développement de l'élève / pratiquant pendant 5 ans... après la pratique se mue le plus souvent en une pratique de loisir, d'entretien, en pratique "sociale"... Même les compétiteurs arrivent à des carrières de 10 ou 15 ans, mais passent ensuite en pratique de loisirs, éventuellement dans l'enseignement, le plus souvent dans le commentaire sportif radio ou télé, parfois même se retirent totalement de la discipline.

Les arts martiaux font figure d'exception car il n'est pas rare de voir des Maîtres de plus de 70 ans sur le tapis (M° RENAULT à 78 ans au moment ou j'écris ces lignes et nous a encore proposé son enseignement ce week-end, M° OTSUKA est décédé à 90 ans, M° UESHIBA à 86 ans, M° FUNAKOSHI à 89 ans et ils avaient tous pratiqué le matin de leur mort....) il y a fort à parier que tous ces jeunes pratiquants qui cumulent en général plus d'un demi-siècle à arpenter les tapis avaient trouvé / ont trouvé dans les arts martiaux autre chose que de simples gestes techniques de type "blocages / coup de poing dans ton nez"...

Bref, les arts martiaux proposent une pratique différente car elles se fondent sur le SHIN GI TAI... développement d'une unité entre l'esprit (SHIN), la technique (GI), le physique (TAI)...

  • La pratique physique s'émousse nécessairement avec le temps (et c'est un constant partagé avec toutes les disciplines sportives), la seule attitude consiste à développer au maximum ses aptitudes...  à mesure que le temps avance, le développement et l'entrainement ne pourront pas lutter contre l'effet du temps mais le ralentiront sérieusement (on parle de Maîtres redoutables en combat jusqu'à 70 ans... avis aux amateurs, un exemple encore en vie en la personne de Dominique VALERA propose encore des stages et est encore largement en état de vous faire cracher vos tripes à 60 ans passés, il vient d'ailleurs de sortir une gamme de DVD pour la préparation physique...). Même si les arts martiaux sont complets, particulièrement affûtés sur les méthodes (plus de 1000 ans de pédagogie de test, ça aide... et l'efficacité requise par les arts militaires, ça aide aussi....) et ne négligent aucune aptitude, ces dernières vont s'émousser, c'est ainsi... Et ce déclin est inévitable en basket comme en JUDO, en foot, comme en AIKIDO, en randonnée comme en KARATE....
  • La pratique technique, elle, ne s'émousse pas mais va petit à petit plafonner! A mesure que la progression se fait, les techniques sont de plus en plus maîtrisées, les techniques acquises et étudiées sont plus nombreuses que celles encore inconnues... Même si au début les techniques peuvent paraître "innombrables", les variantes encore plus nombreuses.... tout répertoire technique a sa dernière page. Chaque technique elle-même peut être développé jusqu'à un certain point... Au bout du compte sur 5 à 6 DAN techniques tout aura été abordé... Même les disciplines les plus complexes techniquement ont une fin. Je gage que les écoles traditionnelles comme la notre propose tout de même un répertoire technique extrêmement riche qu'il va falloir quelques décennies pour épuiser.En admettant que l'on commence tôt (ce qui est en général le cas des Maîtres), atteint la "complétude technique" autour de 50, 60 ans??? alors pourquoi pousser jusqu'à 80 ans et plus? Pourquoi continuer?
  • La pratique mentale, elle ne fait que croître et même si elle est minime au début : on veut combattre, on veut suer, on veut transpirer... Ouga-bouga, le bon sauvage fait du sport ! Cette phase est normale (et on doit en passer par là!!!) mais à mesure que la pratique va avancer, les questions vont se poser, les difficultés aussi... et quelque part les solutions apparaître... Petit à petit les arts martiaux vont devenir un établi, un atelier de recherche pour résoudre des problèmes, poser des questions, d'abord sur le tapis puis autour, jusqu'à ne plus faire de différence entre le tapis et ta vie... 

Voir les arts martiaux comme une philosophie de vie n'apportent pas d'avantages ou d'inconvénients, il s'agit d'abord d'un choix... Ce choix va apporter son lot d'avantages mais dénotera aussi une échelle de valeurs, une organisation de vie, des principes de décisions qui ne peuvent se placer uniquement dans une vision "avantages / inconvénients"... 
  • Par exemple, le sport comme la compétition vise à un résultat, un objectif : A l’extrême, on cherche à atteindre le meilleur rendement le jour J, on va sacrifier certains entraînements pour être au top le jour de la compet' ou de l'examen... Faire l'impasse sur certains ennjeux pour mieux en réussir certains... La pratique des arts martiaux comme philosophie de vie est à l'opposé de cette attitude, il ne s'agit pas d’optimiser mais de généraliser... Etre au top Dimanche ou Mardi n'a aucun sens... Ce qu'il s'agit d'être s'est être meilleur qu'hier et moins bon que demain... N'avoir un écart que faible entre les bons et les mauvais jours... S’entraîner quand il fait beau et quand il pleut, s’entraîner quand on est pleine forme et quand on est cassé, s’entraîner quand on a envie et qu'on a moins envie... Les arts martiaux visent une forme d'équanimité (égalité d'humeur). La progression fait partie des arts martiaux mais pas l'objectif... l’objectif n'est au pire qu'un jalon, une étape et aux mieux, un bonus que l'on ramasse sur le bord du chemin

  • Les  arts martiaux permettent de cultiver plus que de travailler, la diversité technique (encore plus dans une école traditionnelle qui intègre toutes les dimensions du combat)  permet de s'orienter en fonction de sa sensibilité du moment, de son état physique de ses centres d’intérêts... Travailler plutôt le combat ou les arts internes, plutôt les KATA ou les séries techniques, plutôt le sol ou les armes traditionnelles, plutôt la self-défense ou le traditionnel... Petit à petit toutes ces briquent permettent de faire des liens, de rebondir, de s'enrichir pour progressivement s'inscrire dans un tout cohérent qui lui même va devenir une source inépuisable (par analogie) de méthodes de résolution de problème du quotidien en dehors du tapis...
  • Se faire plaisir est la clef. Les arts martiaux sont une pratique gratifiante, la ceinture noire tant convoité par ceux qui ne l'ont pas encore est elle même source de plaisir... ... car elle apporte son lot de super-pouvoir!!! Sauf que ces super pouvoirs ne viennent pas de la ceinture mais plutot du travail qui a précédé. Ainsi les arts martiaux permettent de résoudre des problèmes mais aussi d'acquérir de nouvelles dispositions... le fait de pouvoir moduler sa pratique, de l'orienter permet également de se faire plaisir... Se défouler avec un KATA, se calmer avec un combat... (Ah, non, ça doit être l'inverse... à moins que...) , dans tous les cas, une pratique adaptée permet de se faire plaisir tout en apportant bien être et connaissances.

Voilà une chronique qui semble interminable, alors regardez à nouveau les 3 vidéos, laquelle et la plus belle... ? Toutes car les 3 pratiquants ont un age différent et que rien ne dit que Kanryo HIGAONNA n'a pas été un Mickaël MILLION plus jeune et un enfant dynamique encore plus jeune... 

Et maintenant, au boulot!




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