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dimanche 1 mai 2016

Les ceintures, les grades, et tout et tout…

C'est bientot le moment des passages de grades!!! Les élèves commencent à s'inquiéter de leur passage de grade de fin de saison... La ceinture noire en fait rêver certains... D'autres en sont désabusés...
  • Comment on devient « Maître » demanda le jeune élève à son Maître ! Et le Maître de lui répondre « en laissant sortir le Maître qui est en toi… »
  • Moins énigmatique mais plus contemporain, à un de mes amis 6ème DAN, un pratiquant lui demande : comment fait-on pour devenir 6ème DAN et lui de répondre « je ne sais pas, je pratique les arts martiaux qui me plaisent et au bout d’un moment, on finit 6ème DAN… »
Il fallait bien qu’à un moment j’aborde ce sujet si « important » puisque est souvent l’objet de débats, questions, interrogations chez les élèves, comme chez les anciens… …et même les hauts gradés.



1 – Un peu d’histoire…


KODOKAN - 1894 (donc à peine plus d'un siècle) - Pas de ceinture, on porte encore le HAKAMA pour s'entrainer... Bigre comment faisait-on sans ceinture orange ou verte?



D’abord un peu d’histoire… A l’origine dans les arts martiaux, il n’y avait ni ceintures, ni grades, ni DAN, ni couleurs…

DAN est un terme japonais signifiant littéralement, « niveau ». Les DAN ont pour vocation de symboliser les paliers de progression atteints par les pratiquants. Les grades sont généralement décernés par des gradés de niveau supérieur sur des critères variant d'un grade et d'une discipline à l'autre. Le système des « DAN » est récent. Inventé pour le JUDO par JIGORO KANO aux alentours de 1882 pour motiver les pratiquants, il remplace le système des KIRIGAMI / MOKUROKU / MENKYO remis auparavant par les SENSEI à leurs élèves.

« J’ai fondé le KÔDÔKAN en l’an 15 de Meiji [1882] et ai fixé les grades des pratiquants sans tarder. Autrefois, en fonction des habitudes, le nombre de grades différait et, pour chacun, on se voyait remettre des rouleaux aux noms divers mais, en général, il existait trois grandes divisions qui étaient MOKUROKU, MENKYO et KAIDEN (...). Je ressentis qu’il y avait trop de temps entre chacune pour que cela soit d’une quelconque aide sur le plan de la motivation des pratiquants. Alors, je baptisai les débutants MUDAN-SHA que je séparai en trois divisions : KÔ, OTSU et HEI et je mis sur pied un système dans lequel on devenait 1er dan après une certaine progression dans la pratique puis 2e, 3e, 4e DAN et ainsi de suite vers le haut, en faisant en sorte que le 10e DAN soit attribué aux personnes qui, dans l’ancien système, auraient atteint le niveau KAIDEN.» Texte JIGORO KANO (Traduction Yves Cadot)

C’est pour augmenter la motivation des débutants que JIGORO KANO inventa le système des KYU, qui précède et complète celui des DAN.

« Par la suite, je ressentis encore qu’avec mon système des trois étapes KÔ, OTSU et HEI pour les personnes sans DAN, le temps était toujours trop important entre deux pour les motiver, et je réformai le système en instaurant un 1er, un 2e, un 3e, un 4e, un 5e KYU ainsi qu’un non-grade, ce qui correspondait à six KYU. En y réfléchissant avec l’expérience acquise depuis, je pense que cela correspond assez bien aux besoins.» Texte JIGORO KANO (Traduction Yves Cadot)

Les « DAN » sont donc avant tout une échelle de valeur instaurée pour favoriser un enseignement de masse au travers de fédérations sportives. Ceci étant, aujourd'hui, on ne peut échapper aux DAN et peu d'écoles, même les plus traditionnelles, ont mise en place des systèmes de correspondance entre anciens et nouveaux systèmes...

Quant aux ceintures, elles sont l’émanation visuelle de ce système de DAN et de KYU. Avant, il n’y avait que le combat (guerrier ou sportif selon les époques) comme juge de paix !! Les ceintures sont donc une invention très moderne et le système n’est donc pas indispensable à la pratique des arts martiaux… Il faut donc se détendre un peu avec tout cela et replacer ce système à la place qui est la sienne !!!

OKINAWA - Château de Shuri - 1938 - On s’entraîne en short avec un T-shirt blanc, seul le professeur porte le "KIMONO" japonais qu'on connait aujourd'hui... Il y a moins de 100 ans!


2 - Les 4 excès des élèves…

2.1 - La ceinture à tout prix…


Pratiquement tous les élèves à un moment donné de leur pratique, et c’est humain, et c’est normal, et il faut en passer par là… veulent une ceinture… L'élève veut parfois tellement la ceinture, qu’il l’a prend pour un but en soi. Alors que la ceinture n’est qu’un repère, tout au plus un objectif intermédiaire… Mais parfois on tombe dans l’excès : La ceinture n’est plus un moyen de progresser mais bien l’objectif. Du coup, peu importe les moyens pour y parvenir : équivalence douteuse, copinage avec les jurys, bricolage administratif, changement de fédération, marchandage… Les dérives se trouvent à tous les niveaux de pratique. Peu importe d’avoir le niveau auquel correspond la ceinture, l’important, c’est la ceinture…

A ceux-là, j’aimerais dire une chose :
  • Une ceinture rouge (8ème ou 9ème DAN dans la plupart des disciplines) ou noire coûte 20 euros à DECATHLON.., 
  • Un diplôme d’une discipline coûte une impression sur papier cartonné et quelques minutes pour le dessiner… 
Prenez une discipline qui n’est pas réglementée, tiens je vous en invente 5 ou 6 : AIKIBUJUTSU – SHIN TODE JUTSU – BUKI JUTSU – GOSHIN KEMPO TODE – AIKI NO MICHI – KARATE NO MICHI… et allez y foncer acheter ceintures et diplômes !

Dire qu’il n’y a que des personnes sur le tapis qui ont le niveau de leur ceinture serait un mensonge, tout le monde le sait…

Tout le problème, c’est que ces personnes se mentent à elles-mêmes, car ayant obtenu leur ceinture par tous les moyens, elles se mettent à croire qu’elles ont le niveau… Certains observateurs seront sans doute bernés (les plus néophytes), la plupart sera gênée de voir les gesticulations d’un individu qui inspirera plus de la sidération, de l’étonnement, de la pitié, de l’énervement… Voulez-vous faire partie de ceux-là ?

Alors soyons sérieux : la ceinture est un objectif intermédiaire pour aider à travailler… mais c’est surtout une étape, un truc que l’on ramasse naturellement quand on a travaillé sérieusement et surtout qu’on a pratiqué les arts martiaux qu’on aime ! 


2.2 – « Je n’ai pas besoin des ceintures… »


L’autre excès est celui des élèves qui d’une part constatent très tôt le syndrome évoqué précédemment et qui annoncent un positionnement du style « moi je pratique pour mon plaisir, je ne recherche pas la ceinture », « les grades ne m’intéressent pas », « les ceintures ne servent à rien, il y a tellement de différences », « les passages de grade ne m’intéressent pas »… Au-delà du fait que cela peut être un positionnement sincère, cette attitude n’en démontre pas moins un problème… Les arts martiaux sont issus d’une tradition martiale où l’on est « jugé » ou plutôt « jaugé » par ses pères, par ses aînés. Le passage de grade est un moment important qui rythme l’année, qui permet de fixer des objectifs… et surtout pour les débutants, c’est un moteur non négligeable de progression, qui permet de « se mettre dedans », de « pousser un peu la machine »… Quelque part refuser ce dispositif totalement et par principe, c’est s’inscrire dans une zone de confort, c’est « refuser » de se soumettre à un quelconque jugement extérieur (même bienveillant)… c’est ne pas vouloir se challenger, c’est estimer que l’on sait très bien se pousser sans avoir à être tirer vers le haut de l’extérieur… quelque part c’est agir comme si on avait fini le chemin… C’est aussi très confortable car quand vous avez une « ceinture noire 1er DAN » qui en fait pratique depuis 20 ans, elle pourra largement surprendre un 2ème DAN un peu confiant, et ne se mesurera jamais à des 3ème ou 4ème DAN plus proche de son niveau… quand on a une ceinture blanche qui pratique depuis 7 ans, elle a une supériorité manifeste sur toutes les autres, c’est satisfaisant, c’est confortable, c’est grisant, cela donne un sentiment de supériorité qui flatte l’égo… …mais qui n’a pas grand-chose à voir avec les arts martiaux et le développement personnel qui se cache derrière.

Alors soyons sérieux : la ceinture c’est aussi un moyen d’accepter la critique, le regard extérieur… c’est reconnaître qu’on ne se connait pas si bien que cela, et qu’on a besoin du regard d’autrui pour progresser…

2.3 - « La ceinture noire de bord de tapis »


La ceinture noire est un tel enjeu pour certains… que l’obtention de cette dernière bloque la progression. Souvent lorsqu’on commence les arts martiaux, on pense que la ceinture noire est un expert…En réalité, la ceinture noire a fini la formation de base, elle sait lire, écrire et compter… elle va donc pouvoir faire des études supérieures ! Apprendre « les arts martiaux » car son corps, son esprit, sa capacité à bouger ont été préparés… Mais certains s’arrêtent là.
  • Finalement entre un 1er DAN et un 2ème DAN on ne voit pas visuellement la différence (sauf cette nouvelle mode insupportable de mettre des barrettes sur une ceinture noire) 
  • Finalement, des ceintures noires dans un club, il n’y en a souvent que quelques-unes et entre une ceinture noire 1er DAN et une ceinture blanche ou jaune, l’écart est déjà très grand… On peut s'en contenter sans difficulté. 
Du coup, on devient une ceinture noire de bord de tapis
  • On conseille plus qu’on ne pratique, 
  • On regarde plus qu’on ne s’entraine, 
  • On donne des leçons plus qu’on ne prend des leçons…
  • On arrive souvent en retard pour ne pas avoir à transpirer ou pire à peiner à l’échauffement. 
  • On quitte souvent avant la fin pour éviter les combats car on doit « aider » pour l’administratif.


2.4 - Les « presque… »


Au niveau des avancés, il y a un autre travers qui est bien connu : c’est ceux qui ne passent jamais de ceinture NOIRE, de 1er DAN de 1er degré… ou alors un peu plus loin dans la progression, ceux qui n’ont jamais passé de diplôme d’instructeur, d’enseignant ou d’assistant… en réalité le discours de ces « anciens » du tapis est souvent le même : ils vous bricolent un parcours pour vous expliquer qu’ils ont « un niveau 3ème DAN » ou qu’ils « auraient dû obtenir » un diplôme… mais qu’ensuite, ils ont déménagé ou qu’ils ont dû quitter leur groupement et tout recommencer et là … rebelote… et ensuite… rebelote.

En réalité, même si dans ces pratiquants certains ont sans doute joué de malchance, l’immense majorité de ces cas-là sont des gens qui refusent de se conformer à un système mais derrière cette attitude se cache un travers assez simple à comprendre :

Lorsque l’on débute une nouvelle discipline martiale : il y a l’euphorie des débuts. Les premiers progrès arrivent vite, on apprend plein de nouveau truc… le niveau d’exigence et de rigueur est souvent faible, et c’est normal… on est dans la phase de découverte, d’apprentissage (cette phase dure entre 2 et 5 ans) mais après les choses se corsent souvent : on commence à travailler avec plus de rigueur, il faut souvent « travailler », « répéter », c’est une phase moins ludique, moins gratifiante (enfin on le croit)… et c’est souvent à ce moment-là que certains décrochent et que d’autres… …changent de club ou de discipline… A la faveur d’un déménagement, etc… Pour ce pratiquant, il aborde une nouvelle phase très gratifiante, il progresse à nouveau vite mais en réalité, si les gestes peuvent différer, les principes techniques abordés sont souvent les mêmes. Ainsi 3 ans de boxe, 3 ans de KARATE et 3 ans de KUNG-FU n’ont rien à voir avec 9 ans d’une seule discipline !!


3 – Alors on jette ou on garde ?


Alors quand on voit tous ces travers, on se dit la ceinture noire, les grades, les DAN… … ne font-ils pas plus de bien de mal ?

3.1 - On jette ?


Quand on voit tous les travers chez les élèves, on se demande si c’est bien utile… Et surtout, il y a les travers au niveau des instances, des structures, des fédérations :
  • J’ai construit des passerelles et mis sur place des reconnaissances de grade scrupuleusement… mais j’ai aussi travaillé avec des fédérations et certaines japonaises parmi les plus prestigieuses qui me demandaient de payer simplement pour obtenir des grades chez eux.
  • J’ai vu des démonstrations de 7ème DAN qui faisaient honte aux arts martiaux parce qu’ils avaient des copains dans le circuit et qu’ils étaient là depuis longtemps... ...et des 2ème DAN modestes remplissant une salle de 300 personnes parce que le cours était au top!
  • J’ai vu des gens ceintures vertes devenir en moins d’un an 2ème DAN en  « changeant de discipline ».
  • J’ai vu des hauts gradés ne pas saluer des jeunes ceintures de couleur parce qu’ils n’étaient pas encore ceintures noires.

Finalement, les grades peuvent-ils réellement permettre d’évaluer un niveau comme c’est censé être le cas ? En réalité non, les grades ne valent que pour ceux qui les reçoivent, pour la valeur qu’ils accordent à ceux qui les distribuent… 
  • Chaque groupement, chaque discipline, chaque fédération dispose de ses critères, de ses règles, de ses niveaux, de ses exigences. Et de l’une à l’autre… tout ceci diffère. 
  • Chaque professeur au sein d’un même groupement n’a pas la même vision, la même expérience, le même parcours, il ne jugera pas forcément pareil. 
  • Pour une même discipline, si les niveaux techniques sont souvent harmonisés à la ceinture noire…les professeurs sont souvent libres de la progression pour les ceintures de couleurs : Aussi il n’est pas rare de voir que certaines ceintures jaunes valent largement des ceintures vertes d’un autre club… 
  • Quant aux niveaux d’exigence physiques ou aux pratiques culturelles, c’est le grand écart !
Et puis au niveau des fédérations… C’est quoi un 8ème DAN ?
  • Un grand champion sportif au parcours remarquable ? 
  • Un grand technicien ? Un chercheur ?
  • Quelqu’un qui a donné des années de bénévolat pour faire vivre un groupement ? 
  • Un combattant efficace ? 
  • Un modèle de vie empreint de sagesse et de philosophie ? 
  • Un responsable technique qui amène plus de 2000 licences ?
  • Un responsable technique qui menace de partir avec 2000 licences ?
  • Tout cela en même temps ? 
Mais alors comment savoir si quand je parle à un « maître », il va pouvoir me répondre car il est expert en technique ou au contraire me montrer comment passer une technique en combat.


3.2 - Non, on garde !!!


J’ai travaillé pour plusieurs groupements d’arts martiaux et c’est encore le cas… Je me rappelle mes premières interventions à la FEKAMT comme formateur… j’étais 3ème DAN… (il est vrai dans 4 disciplines différentes mais « que » 3ème DAN) mais plusieurs stagiaires sont venus me voir en me disant « tu n’es que 3ème DAN mais avec tout ce que tu sais, etc… , « tu devrais être 5ème DAN »,… je ne leur ai pas dit… mais sans doute évaluaient-ils mon niveau à l’aulne de leur propre niveau… « Puisque moi je suis 4ème DAN et que lui il sait tout cela, alors il devrait au moins être 5ème DAN puisque moi je ne connais pas tout çà… ça évite sûrement de se demander si on mérite vraiment son 4ème DAN » - Je ne sais pas ce que je devrais être, je sais que dans mon école, ce que je sais vaut un 3ème DAN, je suis donc 3ème DAN des arts martiaux que j’aime pratiquer… Est-ce que cela vaut plus ou moins ailleurs ? Peut-être ? Sans doute ? Cela ne m’intéresse pas ! Est-ce qu’en changeant de discipline j’irais plus vite… Peut-être, je ne sais pas ? Je ne fais pas cela pour les DAN… Je fais cela parce que ça me plait, ça m’intéresse… Et si je récolte un DAN alors tant mieux.

La question n’est pas tant si le système est bien ou mal mais est-ce que le système peut m’être utile à moi en tant que pratiquant… Mais alors pourquoi garder ce système ?

  • Un outil de développement pour l’élève

    • Un moment d’évaluation privilégié : En effet, la plupart des professeurs sont d’accord : pas besoin du passage de grade pour savoir si un élève mérite sa ceinture verte… Oui mais par contre, l’élève, lui, ne le sait pas. Il va avoir un moment privilégié où on le regarde… Déjà, cela génère un petit niveau de stress qu’il faut apprendre à gérer, à utiliser, à surmonter… Ensuite, si le professeur utilise une fiche détaillée d’évaluation, cela peut aussi servir à l’élève de feuille de route pour savoir où il doit travailler préférentiellement. 
    • Un programme, un objectif, une balise, une étape : Quand on s’inscrit dans une progression sans fin (les Arts martiaux peuvent se pratiquer sans limite dans le temps… il y a toujours quelque chose à apprendre !), on peut parfois être perdu, ne pas savoir par où commencer. Les programmes de grades sont en fait des rails relativement bien construits prenant en compte la progression moyenne des individus et les briques y sont présentées dans une unité cohérente et accessible. Du coup, suivre le programme et passer régulièrement ses grades est une bonne manière de garder le cap, de voir sa progression, de lui donner un sens, une direction et des jalons… C’est un outil précieux pour progresser avec une certaine régularité, éviter de se perdre et de gâcher une partie de ses efforts faute de méthode ! 
    • Un petit « plus », parce que c’est humain… l’égo ! Bon et puis, bien sûr l’idéal est d’arriver à se débarrasser de cette envie d’avoir « la ceinture noire » ou « le 10ème DAN » ou la ceinture rouge… Tuer l’égo !!! Mais ce n’est pas facile, alors jusqu’à ce que l’on ait réussi… et bien il y a la motivation de l’avoir cette ceinture… Et si cela peut donner un petit coup de pouce, quel mal y-a-t-il à cela. Autant en profiter… Tuer l’égo !!
Pour la petite histoire, beaucoup de pratiquants savent que la ceinture 10ème DAN est une ceinture blanche, comme le débutant : pour indiquer que lorsque l’on a atteint un certain niveau (très élevé), on devrait oublier les ceintures, revenir à l’origine, être comme un individu normal… Le truc que peu de gens savent, c’est que la ceinture blanche du 10ème DAN n’est pas tout à fait comme celle des débutants, elle est plus large… Donc pareil mais pas tout à fait quand même… Parce que pour arriver à 10ème DAN, il faut avoir beaucoup combattu son égo… mais il faut en avoir eu aussi beaucoup pour ne pas se laisser décourager… Alors si vous avez encore envie de courir après la carotte, et bien ne vous en voulez pas trop… et utiliser cette envie pour progresser, c’est toujours ça !!!

  • Un outil pédagogique pour le professeur
    • Groupe de niveau / groupe de savoir : pour le professeur, les ceintures sont un outil pédagogique. Si les ceintures peuvent varier d’un DOJO en un autre, dans un même DOJO, le plus souvent, les ceintures sont données par les mêmes professeurs. La valeur est donc parfaitement connue. On sait ce à quoi chaque niveau correspond en termes de capacités physiques, techniques, mentales… Du coup, pour gérer les groupes de niveau, pour lancer des ateliers, pour cibler les cours et que chacun puisse profiter de ses séances… les ceintures sont un bon outil. Cela permet de toujours proposer le savoir « ad hoc » à l’élève. 
    • Un établissement de la hiérarchie, du modèle : Bien sûr, à condition de le mettre en place, et de la construire… les ceintures permettent la mise en place d’une hiérarchie : pas une hiérarchie du pouvoir, mais une hiérarchie du développement personnel : les ceintures blanches peuvent voir les ceintures vertes… et cela leur donne une indication mais aussi un modèle de ce qu’ils vont devenir… Ca fait envie, ça permet de se projeter… 


Conclusion…

Finalement et c’est sûrement la clef de compréhension à en retirer… La seule échelle de valeur qui compte, c’est sa propre jauge intérieure… Les échelles de valeur extérieures peuvent être intéressantes à condition de les prendre pour ce qu’elles sont : des outils au service de la progression et non le Graal pour s’auto-convaincre qu’on a fait du mieux qu’on pouvait… Pour cela, il n’y a qu’un moyen de le savoir : regarder à l’intérieur de soi avec une lucidité implacable… …et ce n’est pas forcément simple au début… Ceci étant, c’est probablement l’un des enseignements les plus importants : apprendre à s’auto-évaluer sans complaisance et sans dureté excessive… Probablement le thème d’un futur article !

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